Avril 2015  
 
Drames des migrants en Méditerranée : il faut s’attaquer à la racine des mouvements migratoires
 
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Le Parlement européen a adopté le 29 avril une résolution sur les récentes tragédies en Méditerranée.

Depuis le début de l’année, près de 1776 personnes ont péri en mer, venant alourdir le bilan accablant de 2014 qui avait déjà recensé 3500 morts.

Pour l’ancien Ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux (UMP, Massif central - Centre), l’émotion et l’indignation suscitées par ces terribles tragédies en Méditerranée ne doivent pas occulter le devoir de réalité et de lucidité des élus et des institutions européennes qui ont trop tardé à agir.

"Cela fait des années que je déplore les moyens plus que limités des opérations maritimes de Frontex. Le Conseil européen lors de son Sommet extraordinaire a voté le triplement des financements, ce qui est une première étape, mais l’urgence est de mettre sur pied une véritable coordination européenne. Or, il ne me semble pas que l’intégralité des États membres ait indiqué son intention de fournir des moyens humains, techniques et matériels à l’agence. La solidarité, elle se joue aussi à ce niveau."

"Les drames en série auxquels nous assistons nous donnent une leçon sur l’état des engagements européens en matière de politique migratoire, d’asile mais aussi de politique de développement. En 2008, sous la Présidence française de l’Union européenne, j’avais initié un Pacte pour l’Immigration et l’Asile qui traçait une feuille de route ambitieuse. Ce pacte était à l’époque soutenu par tous les États membres. Malheureusement, rien de concret n’a été fait depuis."

Pour Brice Hortefeux les priorités sont quadruples :

- lutter contre les passeurs et trafiquants, "véritables esclavagistes des temps modernes" qui profitent de la misère et de la désespérance des migrants ;

- renforcer le dialogue avec les pays source et pays de transit sur les politiques de retour des migrants économiques ;

- conditionner l’aide au développement à de véritables engagements en matière de restauration de l’état de droit, de lutte contre la corruption et de bonne gouvernance en y ajoutant désormais un effort de maitrise des flux migratoires ;

- soutenir tous les efforts entrepris en Libye pour rétablir la sécurité et la stabilité du pays et de la région.

Réagissant à la proposition allemande d’une répartition obligatoire des demandes d’asile et reprise dans la résolution, l’ancien Ministre affirme comprendre les intentions de la Chancelière Merkel dont le pays a enregistré une hausse de 60% des demandes en 2014.

Cependant, la bonne réponse n’est pas selon lui une "mise sous tutelle des Etats membres" par la Commission européenne alors que le système de traitement des demandes d’asile en France qui s’élève à près de 63 000 demandes en 2014 est totalement débordé et que les délais de traitement s’allongent, pouvant aller jusqu’à deux ans.

En conclusion, Brice Hortefeux met en garde ceux qui seraient tentés de répondre à ce phénomène par une politique d’ouverture des frontières et un assouplissement de la politique de l’asile. "Je ne crois pas que par un savant système de vases communicants, le nombre de clandestins baissera proportionnellement au nombre de migrants qui obtiendront l’asile ou passeront par le canal de la légalité."

"Ne masquons pas la réalité des faits : aujourd’hui la solution n’est pas tant le problème de l’asile que celui de la motivation économique. Attaquons-nous donc d’abord à la racine des mouvements migratoires plutôt que d’en couper les tiges."

> Lire l’intégralité du communiqué

> Lire le communiqué de presse de Brice Hortefeux en date du 20 avril