Mai 2016  
 
Arrêtons d’avoir l’Europe honteuse et choisissons de défendre l’idéal européen
 
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Chaque année, nous célébrons le 9 mai la Journée de l’Europe. Une date que nous avons tous apprise dans nos livres d’Histoire, mais que beaucoup ont oubliée.

Pourtant, le 9 mai 1950, un ministre français visionnaire, Robert Schuman, proposait aux pays européens ravagés par la guerre de lier leurs destins pour construire la paix. L’Europe politique était née.

66 ans plus tard, l’Europe a vieilli et ses citoyens la délaissent. Pire, ils l’accusent.
Trop bureaucratique et normative, pas assez démocratique et incapable de gérer les crises... Elle serait responsable de tous les maux. L’Europe ne fait plus rêver. La force économique acquise ensemble fait pourtant de l’Union européenne la première puissance exportatrice au monde, et l’euro a acquis la seconde place en monnaie d’échange.

De nombreuses réussites concrètes sont à son actif, dont la libre-circulation des personnes et des biens, la politique agricole commune, l’euro, Erasmus. L’Europe est enfin bien plus proche de nous qu’on ne le pense : la cantine de l’école, la rénovation de la salle des fêtes aux normes environnementales, les actions de l’association de quartier, le développement de PME innovantes, le tunnel de base de la liaison ferroviaire Lyon-Turin... Autant de projets que l’Europe finance dans notre territoire grâce aux 1,3 milliards de fonds européens attribués à la Région Rhône- Alpes-Auvergne pour 2014-2020.

Mais entre critiques et réussites tangibles, l’Union doit avancer et se réinventer, agir au lieu de réagir. Elle doit arrêter de gérer les crises comme un boxeur qui encaisse les coups, pour enfin sortir des cordes. Nous avons aujourd’hui besoin de retrouver une unité et une solidarité autour d’un projet offensif et politique, qui nous permette de relever les défis de la mondialisation. L’Union doit se voir accorder des moyens à la hauteur des défis qu’on lui demande de relever.

Ce projet doit se dessiner autour de quelques éléments essentiels. D’abord, préalable indispensable, la relance du moteur franco-allemand, qui a terriblement souffert du recul de l’influence française lié à l’effacement de François Hollande dans la prise de décision communautaire. Ensuite, une convergence accrue entre les grandes économies de l’UE, en matière économique, fiscale mais aussi sociale.

Dans une Europe à 28 États au développement économique et social hétérogène, il faudra sans doute que quelques pays progressent d’abord seuls. Car l’Union ne peut plus se payer le luxe d’une intégration inachevée, sinon elle se désintégrera. La bataille de la croissance et de l’emploi doit structurer ce projet. Une nouvelle révolution industrielle se prépare avec le développement des technologies dans le domaine de la robotique, des nano-et biotech, du numérique, du spatial... Ces technologies promettent de changer nos modes de vie et de consommation, au niveau mondial. Elles vont ouvrir de formidables opportunités dans des secteurs comme l’énergie, la santé ou encore l’agriculture. L’Europe ne doit pas en avoir peur mais au contraire se positionner pour prendre le virage de cette nouvelle révolution sans naïveté. C’est une question de souveraineté ! Si aujourd’hui nous refusons le progrès au nom du principe de précaution, alors demain nous serons dépendants de nos concurrents qui eux possèderont ces technologies.

Françoise Grossetête (LR, Sud-Est) et Michel Dantin (LR, Sud-Est)

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