Mars 2017  
 
60 ans du Traité de Rome : Croire en l’Europe, ce n’est pas une option, c’est une nécessité !
 
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L’Union européenne est blessée, sans doute en danger de mort. À qui la faute ? Celle des marchands de rêves qui promettent des lendemains qui chantent, où tous les maux de nos sociétés seraient résolus grâce au repli national ou au retour à des monnaies d’antan.

Ces mêmes personnes rêvent de pouvoir personnel, pas de l’intérêt général. Car sortir de l’Europe, c’est perdre en souveraineté ! Le Royaume-Uni, qui a choisi le Brexit à une courte majorité, cauchemarde aujourd’hui face à l’inévitable transfert de son pouvoir de décision aux mains d’autres pays européens. Jusqu’au jour où l’un de ses dirigeants redeviendra « le caniche » des États-Unis. Quel retour de bâton !

Pourquoi parler d’Europe est-il courageux ? Car ce n’est pas un unique sujet mais des milliers d’aspects qui forgent notre quotidien. C’est un livre ouvert qu’il nous revient d’écrire. Nous sommes seuls pour en rédiger les prochaines pages. Les sociétés émergentes ne nous attendront pas. Les puissances historiques ne nous attendent plus !

La Commission européenne a présenté cinq scénarios de l’Union européenne à 27 États membres à l’horizon 2025. À nous Européens de saisir cette opportunité, n’en déplaise aux europhobes pour qui « Bruxelles » guiderait en permanence les décisions européennes par une vision unilatérale, libérale et technocratique.

Le premier défi de l’Europe unie sera de gérer le Brexit. Deux ans de négociations d’un divorce coûteux avec le Royaume-Uni vont débuter. L’Union européenne devra se montrer ferme et pragmatique pour rappeler au Royaume-Uni - sans doute demain désuni - qu’il est inenvisageable de conserver les avantages de l’appartenance à notre communauté de destins quand on a décidé d’en sortir.

Puis, construire l’avenir de l’Europe, c’est agir sur des priorités sans s’éparpiller. J’en retiens trois : la sécurité en éradiquant le terrorisme et en contrôlant nos frontières extérieures, la mise en place d’une défense commerciale intelligente permettant le juste échange, et l’investissement dans la recherche et l’innovation pour une relance industrielle.

La France et l’Allemagne doivent redevenir les moteurs du continent, sans laisser perdurer des rivalités qui conduiront à son affaiblissement. Ce sont ces territoires souverains, aux passés et destins liés, qui doivent réveiller l’Europe que tant de citoyens attendent : protectrice de son territoire, ouverte au service de la croissance et de l’emploi et respectée dans le monde.

Enfin, n’ayons crainte de proposer une Europe à plusieurs vitesses. Celle où certaines nations seraient plus réactives et unies face à un monde en perpétuel mouvement. C’est un projet cohérent pour contrecarrer les velléités de l’Europe à la carte, gage d’une complexité dont nous ne voulons plus !

Dans la turbulence de la politique nationale, l’Europe est une espérance. Sans béatitude, mais en ayant en mémoire l’attitude des grands hommes du XXe siècle ; ces Pères fondateurs qui, il y a 60 ans avec le Traité de Rome, ont créé une communauté ayant servi la paix et la prospérité. Croire en l’Europe n’est pas une religion, c’est une nécessité.

Franck Proust (LR, PPE, Fr)

> Lire également la tribune d’Alain Lamassoure « Du marché commun à la famille européenne » sur le site internet de l’Opinion

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