Novembre 2017  
 
Modification du mode de scrutin aux élections européennes : le grand bond en arrière
 
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« (...) C’est donc confirmé, le scrutin de 2019 sera organisé sur la base de listes nationales. Nous revenons donc en arrière, et alors que l’Europe a plus que jamais besoin d’être identifiée et indentifiable par nos concitoyens, nous allons éloigner un peu plus l’Union européenne de ses habitants. Quelle utilité des permanences parlementaires en région, quelle cohérence avec la gestion des fonds européens par les Conseils régionaux, quelle logique à intégrer les eurodéputés dans les comités de suivi de ces fonds ? », a déclaré Franck Proust (LR, Sud-ouest), président de la délégation française du Groupe PPE au Parlement européen.

« (A) considérer la France comme une circonscription unique, (...) l’ancrage territorial relatif des élus disparaîtrait : tous seraient irrémédiablement « hors sol ». (...) Le vote serait moins une élection qu’un sondage. (...) Plus la circonscription est vaste, plus les mini-partis auraient une chance d’être représentés : aucune des tribus gauloises ne manquerait au Parlement de Strasbourg, le lieu même où, pourtant, la décision est faite par les gros bataillons. La parodie tournerait ainsi au détournement de démocratie, à l’auto-affaiblissement de la France, par dispersion de ses votes, au moment où elle prétend relancer l’Europe, et, hélas, au divorce définitif entre les citoyens et une Europe que le pouvoir national aurait soigneusement veillé à garder hors de leur portée », a estimé Alain Lamassoure (Île-de-France).

« Un député européen, quand bien même serait-il le représentant d’une circonscription étendue, tient des permanences, rencontre des acteurs socio-professionnels, explique les mécanismes des fonds européens et relaie les activités du Parlement européen auprès des medias régionaux. L’élection locale des députés européens constitue la meilleure garantie de proximité que puisse offrir l’Union européenne. Qui peut penser que des élus issus d’une liste nationale auront ces mêmes préoccupations ? (...) Ce changement de mode de scrutin traduit, contrairement à l’engagement européen affirmé à renfort de bons mots du Président de la République, une vulgaire tentative de tripatouillage institutionnel dont le seul objectif consiste à aider La République En Marche au détriment de la construction européenne et des intérêts de ses citoyens », a ajouté Brice Hortefeux (LR, Auvergne-Centre-Limousin).

« Je pense qu’il est important que chaque député ait un ancrage territorial. C’est là que j’explique les politiques européennes et que je capte les sensibilités, les préoccupations. Il faut des forces vives qui aillent sur le terrain », ajoute Elisabeth Morin-Chartier (LR, Ouest).

« L’eurodéputé élu dans sa région, qu’elle soit petite ou étendue, reste la meilleure garantie de proximité pour répondre aux attentes des citoyens envers l’Europe. Bien que les eurosceptiques essaient de nous faire croire que l’Union européenne est une construction supranationale hors sol, les régions ont un poids décisionnel et politique majeur à Bruxelles : les fonds européens sont directement gérés par les Conseils régionaux, et aucune décision concernant les collectivités locales ne peut être prise par les institutions sans l’avis du Comité des régions. Comment l’association ou le citoyen identifiera-t-il l’eurodéputé qui peut l’aider à comprendre les mécanismes d’accession aux fonds européens, ou plus généralement à comprendre le fonctionnement de l’Union européenne ? » a indiqué Philippe Juvin (LR, Île-de-France).

Pour Renaud Muselier (LR, Sud-est), « LR est le seul parti à s’être manifesté contre cette proposition alors que le FN et LFI la soutiennent. Il est difficile dans ce contexte d’y voir autre chose qu’une démarche électoraliste visant à détruire le lien de confiance établi depuis de nombreuses années entre les élus de droite et leurs électeurs, de la part d’un parti qui peine à exister faute d’ancrage local sur le territoire. Aujourd’hui, le véritable débat doit se tenir sur le sujet du redécoupage des circonscriptions européennes pour les calquer sur nos régions administratives, car c’est au niveau régional que l’Europe agit concrètement. »

« Avec des listes nationales, les eurodéputés d’Outre-mer, c’est fini ! Les partis vont nous oublier » a déploré Maurice Ponga (LR, Outre-mer), qui persiste à penser que le système actuel garantit une bien meilleure représentation de la France dans toutes ses composantes régionales.

« L’Europe prend un coup, mais Les Républicains ne l’abandonneront pas, et c’est avec une véritable « équipe de France » que nous présenterons aux Françaises et aux Français un projet ambitieux, lucide et réformateur, pour bâtir ensemble, l’Union européenne de demain, celle qui agit et qui protège », a conclu Franck Proust.

> Lire le communiqué de presse de Franck Proust sur le site internet de la délégation française du Groupe PPE

> Lire la tribune d’Alain Lamassoure sur le site du Monde

> Lire le communiqué de presse de Brice Hortefeux

> Lire l’intervention d’Elisabeth Morin-Chartier dans L’Express

> Lire le communiqué de presse de Renaud Muselier sur son site

> Lire l’intervention de Maurice Ponga dans les DNA