Mars 2018  
 
Les institutions européennes appartiennent aux citoyens
 
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Le 12 mars, Françoise Grossetête (LR, Sud-est) est intervenue en session plénière du Parlement européen à Strasbourg au cours du débat sur la « Politique d’intégrité de la Commission, notamment la nomination du Secrétaire général de la Commission européenne ».

« Il y a un principe qui est indiscutable : il est dans le pouvoir d’un président de procéder à des nominations à des postes éminemment stratégiques et politiques. C’est la conséquence, le résultat, d’une élection démocratique.

Monsieur le Commissaire, je vous remercie de nous avoir apporté toutes les explications, car toute nomination ne doit pas être une prise de pouvoir de la haute administration, au mépris des règles de procédure ou grâce à des petits arrangements entre amis, parce que dans ce cas, quoi de mieux pour nourrir le discours anti-élites, quoi de mieux pour donner du grain à moudre aux eurosceptiques et entretenir le mythe d’une Europe technocratique dirigée derrière des portes closes ?

En 2014, notre groupe s’est engagé pour une Europe plus politique, moins technocratique, plus transparente, plus proche du citoyen, avec une Commission politique qui prenne le pas sur l’administration. Malheureusement, l’affaire dont nous débattons ce soir laisse croire à nos concitoyens que des fonctionnaires non élus prendraient de facto les rênes de l’institution, au nez et à la barbe de commissaires prévenus en dernière minute. Franchement, nous nous tirons une balle dans le pied !

La légitimité des hauts fonctionnaires de la Commission, dont la compétence n’est pas en doute, se verrait au contraire renforcée par des procédures de nomination transparentes et équitables. Or, cette affaire jette le discrédit sur toute une institution, dont nous savons pourtant qu’elle est composée en majeure partie de professionnels talentueux et engagés pour faire avancer le projet européen.

Les institutions européennes n’appartiennent pas aux hauts fonctionnaires, elles appartiennent aux citoyens européens. Les premiers sont là pour servir les seconds et non pas pour se servir eux-mêmes, ce dont la Commission est responsable devant ce Parlement. Il serait bon de s’en souvenir. ».

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