Octobre 2018  
 
Conseil européen : les Etats manquent de volonté politique
 
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Le 24 octobre, Françoise Grossetête (LR, Sud-est) est intervenue au cours du débat sur les conclusions du Conseil européen des 16 et 17 octobre, qui s’est tenu en session plénière du Parlement européen à Strasbourg.

« Nos gouvernements nationaux vont-ils encore longtemps continuer à cacher la poussière sous le tapis ?

De Salzbourg à Bruxelles, de dernières chances en dernières chances, les sommets passent mais les problèmes restent. « Donnons-nous encore un peu de temps » disent-ils. Mais du temps nous n’en avons plus, nous en avons déjà trop perdu.

Il faut réaliser que nous sommes dans un moment d’extrême urgence, à quelques mois d’élections européennes qui s’annoncent périlleuses pour le futur de l’Europe. Il faut mesurer la gravité de la situation, l’importance historique du moment.

Or les dirigeants nationaux se réunissent mais ne décident pas... À chaque sommet, nous avons droit à la même litanie de promesses et de déclarations de bonnes intentions. Et derrière ? C’est le blocage.

Examinons un peu le menu. En entrée, les migrations et la sécurité intérieure. Nous connaissons les solutions. Mais si ce conseil a permis de faire émerger un consensus sur la dimension extérieure du problème et la coopération avec les pays d’origine, en ce qui concerne la dimension intérieure et l’organisation de la solidarité, aucune solution pérenne ne se dessine...

En plat de résistance, le Brexit. Malgré les efforts remarquables de Michel Barnier, nous nous quittons encore sans accord. Au moins cela aura-t-il permis de rappeler l’unité des européens et de mettre le Royaume-Uni de Theresa May devant ses responsabilités. Chers amis britanniques, la balle est dans votre camp.

Enfin, la zone euro. Force est de constater que si nous avions demain une nouvelle crise de la dette, ce qui est un risque réel, rien ne permet de garantir que nous nous en sortirions mieux. Toutes les leçons du passé n’ont pas été tirées. Tout juste parvient-on à s’accorder sur la nécessité, mainte fois ressassée, de compléter l’Union bancaire. Ce n’est pas suffisant pour rassurer.

Le bilan n’est pas rose. La politique européenne d’asile : au point mort. La réforme de la zone euro : au point mort. La fiscalité des grandes entreprises du numérique, mesure de justice fiscale pourtant très attendue par nos concitoyens : au point mort. Le Brexit : au point mort. Le budget de l’Italie, qui pourrait faire basculer toute la zone euro dans une nouvelle crise : on fait comme si on ne voyait pas l’éléphant dans la salle.

Et le courage, où est passé le courage ? L’Europe reste en équilibre sur le fil du rasoir, comme tétanisée.

Ce n’est pourtant ni de la faute de la Commission, qu’on a rarement vu aussi volontaire, ni du Parlement, qui redouble d’efforts pour boucler dans les délais les nombreux textes qui arrivent actuellement sur la table, tout particulièrement en ce qui concerne le prochain cadre financier pluriannuel. Nous progressons, nous allons de l’avant.

Certes il n’est pas évident de s’entendre à 28. Mais on l’a vu récemment encore en matière de défense, lorsque la volonté politique est là aucun obstacle n’est insurmontable.

Que faut-il en conclure ? Tout simplement qu’il y a un manque de volonté politique dans nos États membres. Certains sont moteurs mais nombreux sont ceux qui sont debout sur la pédale de frein. À ce rythme-là, la sortie de route n’est pas loin... »