Février 2019  
 
Jupiter est revenu sur Terre
 
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Le 12 février, Renaud Muselier (LR, Sud-est) est intervenu en session plénière du Parlement européen pendant le débat portant sur « le droit à manifester pacifiquement et l’usage proportionné de la force ».

« Madame la Présidente, je souhaitais vous raconter l’histoire de Jupiter revenu sur Terre.

Emmanuel Macron s’était fait élire sur une promesse : être un rempart contre les extrêmes et le chantre du « nouveau monde ». Pour ce faire, il se fabriqua une majorité parlementaire peuplée d’incompétents et s’appuya sur un gouvernement composé d’ambitieux inexpérimentés et de quelques belles prises de guerre.

Deux années plus tard, et trois ministres d’État en moins, le Président avait tout écarté sur son passage : corps intermédiaires, syndicats, collectivités et ses propres amis. Fort de son arrogance, Jupiter poursuivit son ascension et, à son grand détriment, débuta son apprentissage lorsque des hommes en jaune vinrent lui rappeler la vérité de la Terre en occupant tous les ronds-points. Ces ploucs, ces bouseux, ces gens qui n’étaient rien à ses yeux firent vaciller la République.

Depuis son château, le roi Emmanuel décida, sous la pression de leur courroux, de lâcher dix milliards d’euros de mesures en faveur du pouvoir d’achat, à l’aube de Noël, au détriment de l’orthodoxie budgétaire européenne dont il est le garant.

Finalement, le Président de la République descendit dans l’arène du débat par tranches de six heures, toujours télévisées, afin de se confronter aux conséquences de sa politique. Sun Tzu inventa l’art de la guerre ; Macron, lui, inventa celui des ronds-points.

Malgré tous ses efforts, manifestation après manifestation, la radicalité prit le dessus. Qui en était responsable : les gilets jaunes ou les casseurs, les gilets jaunes ou les anarchistes, les gilets jaunes ou les forces de l’ordre ?

Alors que, sur nos visages, nous séchions à peine les larmes versées pour les morts des victimes du terrorisme, de Charlie Hebdo ou du Bataclan, quelle ne fut pas ma surprise lorsque je découvris la création d’une cagnotte pour le tristement célèbre boxeur frappant un gendarme à terre.

Je créai donc la mienne en réponse, au profit des 1 200 membres des forces de l’ordre blessés lors des manifestations. Le résultat fut sans appel : 130 000 euros pour le boxeur face à 1,5 million pour les forces de l’ordre, avec plus de 51 000 donateurs.

Moralité de l’histoire : la majorité silencieuse et indignée s’est réveillée, écrasant la cagnotte du boxeur par sa générosité participative. Le respect de l’autorité, le respect de la République, le respect des lois : Jupiter est enfin revenu sur terre et les braves gens retrouvent le respect qui leur est dû, et la justice sociale qui va avec. »